Oh non, il ne s’agit certainement pas de repasser le même test

Sur l’opportunité de tester à nouveau les candidats lors de la sélection et du coaching

Pour de nom­breuses per­sonnes, pos­tu­ler à un emploi est un évé­ne­ment stres­sant et éprou­vant. Par consé­quent, la recherche d’un emploi implique sou­vent plus de tâton­ne­ments que d’er­reurs. La rédac­tion des lettres de moti­va­tion, la longue attente d’une réponse, la peur d’une réponse néga­tive… C’est pour­quoi il est impor­tant que le pro­ces­sus de sélec­tion des can­di­dats soit à chaque fois le plus effi­cace et le plus agréable pos­sible. En tant que consul­tant, com­ment pou­vez-vous répondre à des ques­tions telles que ​Dois-je repas­ser le même test ?” ou ​Les résul­tats de mon ancien test ne peuvent-ils pas être utilisés ?

Des tests répé­tés peuvent faus­ser la per­for­mance des tests de plu­sieurs façons. Par exemple, pour cer­tains tests de com­pé­tences, il est pos­sible que la per­for­mance lors de la deuxième ses­sion soit meilleure que lors de la pre­mière parce que les can­di­dats savent mieux com­ment abor­der le test ou parce qu’ils se sou­viennent de cer­taines ques­tions. En outre, les can­di­dats peuvent s’être entraî­nés à résoudre les types de ques­tions posées dans le test entre les deux ses­sions. Il peut en résul­ter un ​effet d’ap­pren­tis­sage”, voire un meilleur score si le même test doit être repassé.

Un autre pro­blème pos­sible est celui des ques­tion­naires qui éva­luent la per­son­na­li­té ou les moti­va­tions. Si un tel ques­tion­naire est pro­po­sé dans le cadre d’une can­di­da­ture à un emploi, où les enjeux sont impor­tants pour les par­ti­ci­pants, il y a de fortes chances que les réponses soient influen­cées par l’i­mage qu’une per­sonne veut don­ner d’elle-même.

Par consé­quent, les conseils que nous don­nons sur les tests de rat­tra­page doivent être for­mu­lés en fonc­tion du type de test admi­nis­tré. Les conseils ci-des­sous sont fon­dés sur notre propre base de don­nées empi­rique éten­due concer­nant les can­di­dats à un nou­veau test. 

Pour tes­ter de manière répé­tée des capa­ci­tés telles que la mémoire, la vitesse de trai­te­ment et le temps de réac­tion, nous recom­man­dons d’u­ti­li­ser des tests paral­lèles ou des tests adaptatifs.

Conseils des chercheurs du Cebir pour tester à nouveau les compétences non techniques

Cette recherche montre que les tests de per­son­na­li­té, d’at­ti­tude et de valeur sont peu sen­sibles aux effets de for­ma­tion et d’ap­pren­tis­sage. Les scores de ce type de ques­tion­naire sont donc assez stables dans le temps, sur­tout lorsque les deux occa­sions de pas­ser le test ont lieu dans les deux ans et que l’em­ploi pour lequel la per­sonne pos­tule reste simi­laire en termes de conte­nu et/​ou de hié­rar­chie. Un nou­veau test n’est donc pas néces­saire tant que le test exis­tant date de moins de deux ans. Lorsque les deux tests ont lieu à plus de deux ans d’in­ter­valle, le risque de chan­ge­ments résul­tant d’ex­pé­riences de vie (posi­tives ou néga­tives) aug­mente. Il est éga­le­ment pré­fé­rable de faire rem­plir à nou­veau un ques­tion­naire sur les com­pé­tences non tech­niques lorsque les postes pour les­quels une per­sonne pos­tule pré­sentent des dif­fé­rences impor­tantes en termes de conte­nu et/​ou de hiérarchie.

Ensuite, nous avons exa­mi­né l’in­fluence de la répé­ti­tion des tests sur les résul­tats obte­nus aux tests de com­pé­tence. Il en res­sort que les résul­tats des tests d’ap­ti­tude au rai­son­ne­ment, des tests de trai­te­ment de l’in­for­ma­tion visuelle et des tests de connais­sance sont peu sen­sibles aux effets d’ap­pren­tis­sage. En revanche, pour les tests de mémoire et les tests de vitesse de trai­te­ment et de réac­tion, un effet d’ap­pren­tis­sage peut se pro­duire tem­po­rai­re­ment (un mois après la pre­mière pas­sa­tion du test) lors d’une nou­velle pas­sa­tion. Cet effet peut résul­ter à la fois de condi­tions de test modi­fiées (can­di­dat moins alerte, envi­ron­ne­ment de test plus calme…) et d’une meilleure com­pré­hen­sion de la tâche (résul­tant d’une expé­rience anté­rieure avec ce test). Par consé­quent, lorsque ces com­pé­tences sont mesu­rées de manière répé­tée, il est recom­man­dé d’u­ti­li­ser des tests paral­lèles. Une autre solu­tion consiste à uti­li­ser des tests adap­ta­tifs, dont le conte­nu s’a­dapte au niveau du can­di­dat pen­dant la pas­sa­tion du test. Les can­di­dats ne se voient donc jamais poser exac­te­ment les mêmes ques­tions dans les tests adap­ta­tifs. Cela réduit le risque d’ef­fets d’ap­pren­tis­sage ou d’en­traî­ne­ment dans un contexte de sélec­tion ou de coaching.

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Auteur

Cebir Research Team

With over 35 years of expertise, CEBIR provides scientifically validated psychometric tests to optimize recruitment and strengthen teams. This article summarizes research and abstracts written by our Research Team.